Projection d'Interstella 5555 - cinéma A.Varda - à partir du me 19/12

Publié le par Labo60

Quatre musiciens d'une autre galaxie sont kidnappés par un manager maléfique qui veut en faire le plus grand groupe sur Terre. Quand la musique des Français de Daft Punk rencontre les dessins de Leiji Matsumuto.

Interstella 5555
The 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem
Japon, 2003
De Kazuhisa Takenouchi et Daisuke Nishio
Scénario : Thomas Bangalter, Cédric Hervet, Guy-Manuel de Homem-Christo
Photo : Fumio Hirokawa, Haruhiko Ishikawa
Musique : Daft Punk, avec Romanthony, Todd Edwards et DJ Sneak
Durée : 1h07

mercredi 19/12 à 17h
vendredi 21/12 à 18h30
samedi 22/12 à 18h30
et dimanche 23/12 à 16h30

tarifs :
6€ plein
4,9€ réduit (adhérent, demandeur d'emploi, famille nombreuse, retraité, étudiant)
2,3€ (- de 15 ans et carte Ascanaute - de 26 ans)



EMBARQUEMENT IMMEDIAT

Professionnels du déguisement, les Daft Punk avaient revêtu leurs plus beaux atours pour la sortie de Discovery, album Juvamine approuvé par tous les dance floors. Customisés par le légendaire Leiji Matsumoto, les enchevêtrements électro-disco-funk-house des deux têtes invisibles trouvent dans Interstella 5555 un écrin inespéré. Quatre clips illustrant les premiers singles ont tourné en rotation sur les chaînes musicales, avant d’être balayés par de plus frais exposants. Découvrant leurs résonances délicieusement eighties, One More Time, Aerodynamic, Digital Love et Harder, Better, Faster, Stronger appelaient à l’évidence des suites qui n’ont jamais vu le jour. Interstella 5555 vient à point nommé décrasser la machine; le long métrage de soixante-sept minutes compile l’intégralité de ces courts animés, en restituant le tracklisting exact de l’album. Quatorze déflagrations stellaires et autant de chatoiements terriens pour un décollage immédiat des rétines: combinaisons fluo, ustensiles lasers, pastilles multicolores, curiosités rétro… Les Daft ayant gardé le goût des après-midis Nutella et des ambiances boule à facette, le choix de confier les commandes à Leiji Matsumoto s’est imposé de lui-même. Spécialiste des space opéras oniriques et créateur d’Albator, parrain inépuisable de la décennie Casimir, le dessinateur taille une vitrine sur mesure pour le plus célèbre des duos anonymes.


STAR ACADEMY

Evoqué dès la genèse de Discovery, Interstella 5555 n’est pas une simple enfilade d’épisodes clinquants, opportunément mis bout à bout. L’entreprise de longue haleine respecte une intrigue cohérente et se regarde comme un parent proche de Yellow Submarine des Beatles et The Wall de Pink Floyd. Ludique et incisif, le scénario co-écrit par Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, dénonce pêle-mêle les travers de la course médiatique, la gloriole des groupes pré-fabriqués et les ratés de la société de consommation. Manipulation, surexposition: autant de thèmes puisés dans l’histoire de Daft Punk, passé maître dans l’art du camouflage pour mieux exaspérer les médias. L’album aux samples irrésistibles ne se contente plus de faire danser. En distillant des saveurs mélancoliques, le couple humanise un coffre à tubes formatés et donne une surprenante envergure dramatique aux cavalcades synthétiques. L’ascension haletante des Crescendolls, poupées désincarnées et prisonnières de leur succès, passionne jusqu’au dernier scratch. Les pulsations entraînantes de Superheroes, la pop avenante de Something About Us et les rimes Rondo Veneziano de Veridis Quo se marient spontanément au dessin flexible de Leiji Matsumoto. Habitués à s’entourer de la crème des clippeurs, les Daft Punk concrétisent avec Interstella 5555 leur projet le plus émouvant et le plus excitant.


Article de Danielle Chou paru sur http://www.filmdeculte.com/


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